Endurance – Les fichiers 2002-2004
A. Ricard, M. Touvais, Février 2005 Première partie : Etude des épreuves >=90km - Les résultats des épreuves >=90km des années 2002-2004 ont été fournies par le SIRE. L’année est considérée selon la césure habituelle des indexations, c'est-à-dire d’Octobre à Octobre. Il manque cependant la fin de l’année 2001 qui devrait être comprise dans l’année d’étude 2002.
Les catégories d’épreuves ont été regroupées en 3 niveaux : * (85-95 km), ** (120à130km), *** (140à160km), d’après le code de catégorie enregistré et des équivalences fournies par H. Decadolle pour les épreuves notées CEI. De ces fichiers, on supprime les épreuves par équipe et les épreuves courues à l’étranger. Les épreuves courues à l’étranger sont supprimées car la vitesse n’est pas enregistrée et le nombre de partants enregistrés est très faible au regard des partants totaux (seuls les Français sont enregistrés) alors que sur le sol Français, le nombre de partants manquant n’est en moyenne que de 6% pour les ** et 14% pour les ***. Les codes CHEUEQ, CHEUI, CHMJCE, CHMJCI, CEI2E, CEI3E, IO***, sauf 2 épreuves CEI2E et IO*** courues en France avec la vitesse enregistrée, sont supprimés. Parmi les épreuves restantes, 37 épreuves ont des vitesses systématiquement manquantes sur les chevaux classés et sont donc supprimées : 30*, 4**, 3*** soit 7%, 10% et 12% des épreuves respectivement. Cela représente respectivement 7%, 11% et 5% des chevaux classés. Remarquons qu’il existe 3 épreuves * qui n’ont que des chevaux non classés (donc sans vitesse). Parmi les épreuves restantes, 27 épreuves ont des classements non cohérents avec la vitesse (cheval plus rapide classé après un cheval moins rapide) sans qu’il soit possible de déterminer d’où vient l’erreur (classement ou vitesse) : 17*, 8**, 2*** soit 5%, 21% et 9% des épreuves restantes. Nous avons utilisé ces données telles quelles. Finalement nous avons sur 3 ans, 9220 départs, 438 épreuves, 2804 chevaux différents. Soit 92% du fichier de départ. Dans les épreuves ** et ***, seuls les chevaux français sont enregistrés, ce qui crée des trous dans le classement. On peut se baser sur le nombre de partant donné officiellement pour imaginer les chevaux non enregistrés mais concernant 17 épreuves le nombre de partant donné officiellement est égal au nombre de chevaux enregistrés alors qu’il y a quand même des trous dans le classement : 1*, 11**, 5***. Pour deux épreuves le nombre de partants donné est inférieur au nombre de chevaux enregistrés dans l’épreuve : 2**. En se basant sur les trous dans le classement et éventuellement sur le nombre de partants totaux si il demeure supérieur à la somme : chevaux classés+chevaux non classés pour rajouter des non classés, on imagine finalement 7% de données manquantes pour les ** et 20% pour les ***. C’est donc un fichier correct pour effectuer des études génétiques et observer des effets moyens mais moins correct pour effectuer une indexation : il manque 8% des données (10% dans les ** et ***) sur les chevaux Français, 7% et 20% dans les ** et *** sur l’ensemble des partants et les épreuves internationales à l’étranger sont manquantes. Le résultat des épreuves est suspect dans 5 à 21% des épreuves selon le niveau, sans compter l’information nombre de partants faux dans 30% des épreuves de plus d’une étoile. - Nombre de chevaux indexables
- Le nombre de chevaux mesurés sur les 3 années est 2804. Le nombre de chevaux ayant au moins un classement est 2269. Par an on est passé de 1305 chevaux sortis en 2002 à 1896 en 2004. Ces chiffres sont 959 à 1406 pour les chevaux classés au moins 1 fois.
Si on rajoute les jeunes chevaux, en supposant qu’ils soient aussi indexables, on est passé de 1963 chevaux différents en 2002 à 2671 en 2004. En effectif, cela représente les 2/3 des chevaux sortis en dressage, la moitié de ceux sortis en CCE et 7% des chevaux de CSO. L’avantage est que beaucoup plus de chevaux sont classés par épreuve et qu’en terme de nombre de chevaux classés on approche l’effectif du dressage (95%) et 70% des chevaux classés en CCE. C’est donc un effectif juste suffisant pour une indexation correcte, c’est à dire prenant raisonnablement en compte des effets de milieu mesurés sur l’ensemble de la population. Un point positif est que cette population (pour les 90km et+) semble en augmentation : +15% de chevaux entre 2003 et 2004, +26% en 2004 par rapport à 2003. Notons que si nous prenons un critère qui ne concerne que les chevaux classés, seuls les ¾ des chevaux sortis auront un indice. - Précision de l’indexation
- La précision de l’indexation dépend des paramètres génétiques (répétabilité, héritabilité) de la mesure choisie pour qualifier la réussite et du nombre de mesures disponibles par cheval. En d’autres termes, on dépend directement du nombre de sortis mesurables pas cheval.
Sur les 3 années, un cheval est sorti en moyenne 3.3 fois. C’est à partir de ces 3 répétitions que nous devrons mesurer la répétabilité du caractère (savoir si les différentes performances d’un même cheval sont corrélées, si elles se ressemblent, si on peut prédire l’une à partir de l’autre). Par an, chaque cheval sort en moyenne 2 fois (1.9 fois en 2002, 2.0 fois en 2004). 42% des chevaux n’ont fait qu’une seule épreuve, les ¾ pas plus de 2. 10% seulement ont fait 4 sorties. Si on s’en tient aux classements uniquement, la moyenne est de 1.5 classement par an. 60% des chevaux classés n’ont qu’un seul classement. Cela veut dire que l’indice ne reposera que sur un très petit nombre de mesure pour chaque cheval (à titre de comparaison, le nombre de départ moyen en CSO est de 14). Il faut donc être conscient des risques qu’on prend en jugeant ainsi rapidement de la qualité du cheval. Cet inconvénient est contrebalancé par la bonne répétabilité du caractère. La répétabilité est la corrélation entre 2 sorties d’un même cheval. La répétabilité de la vitesse entre 2 épreuves est de 0.45. C’est donc assez important comparé au 0.29 entre 2 épreuves en CSO. Cela veut dire qu’avec 2 sortis classées, la précision sur la valeur sportive du cheval en endurance est de 0.62, ce qui n’est obtenu en moyenne en CSO qu’avec 9 départs. Cela reste donc compatible avec une indexation. Notons que nous avons raisonné en utilisant tous les résultats des chevaux : en * comme en ***. Si on raisonnait par niveau séparément, on a en moyenne 1.5 sorties par cheval et par an en *, 1.5 en ** et *** rassemblés. Si on ne considère que les sorties avec classement, on tombe à 1.3 pour chaque niveau, les ¾ des chevaux classés n’ont qu’un seul classement dans l’année. Il est donc impératif d’utiliser tous les niveaux d’épreuves de * à ***. - Faut-il mettre les épreuves *, ** et *** dans le même panier ?
- Il y a 2 questions sous jacentes à celle là : faut-il considérer que c’est bien le même caractère d’une part, comment introduire la différence de niveau dans la mesure de la performance d’autre part. Nous reviendrons ensuite sur la façon de mesurer les différences de niveau, nous discutons ici de l’opportunité de les mettre tous dans l’indexation comme un même caractère.
Même sans discuter d’une différence de difficulté, manifestement, les épreuves * et ** ou *** ont un contexte très différent. Le fichier est constitué majoritairement d’épreuves * : 378, contre 38** et 22 ***. Les sortis * représentent 63% des données. Ces épreuves * ont un nombre de partant bien inférieur aux épreuves ** et ***, même en ne comptant que les chevaux Français : 15 en moyenne contre 68 en ** et 37 en *** (47 en comptant les manquants). Elles ont aussi un taux de classement très différent : 64% contre 48% en ** et ***. Elles se courent en moyenne à la même vitesse malgré la différence de kilométrage : 14.7 de moyenne pour les *, 14.7 pour les ** et 14.6 pour les ***. Ces résultats sont donc difficilement comparables a priori même en dehors du problème de différence de niveau : il va être difficile de trouver une mesure qui tienne compte correctement de ces différences. Pour comparer les résultats dans les différentes catégories, il nous faut des chevaux qui sortent à plusieurs niveaux. On compte 2602 chevaux en *, 1363 en **, 464 en ***. 81% des chevaux sortis en *** sortent aussi en * et 90% en **. 86% des chevaux sortis en ** sortent en *. Cela veut dire que les * est bien le creuset commun dans lequel tous les chevaux se forgent et donc que leur résultat à ce niveau va permettre de dire si oui ou non il est en relation avec leurs résultats à plus haut niveau. Le taux de sélection entre catégorie peut être mesuré par le nombre de chevaux * qui finissent en ** : 45% et en *** : 14% (cela sur 3 années de possibilité). En tout cas, les comparaisons sont possibles. En fait en considérant que la vitesse dans les épreuves * d’une part et dans les épreuves ** et *** d’autre part est un caractère différent, on a montré que la corrélation génétique est de 0.99… donc totalement le même caractère : c’est bien la même aptitude que l’on mesure dans les 2 cas. En revanche, le résultat du même cheval dans les 2 niveaux n’est corrélé que de 0.39, donc pas mieux et même un peu moins bien que 2 résultats intra niveau : 0.44 intra niveau * et 0.62 intra niveau ** et ***. Les conditions de réalisation de la performance sont un peu différentes, même si c’est le même caractère génétiquement parlant. Cela nous incite donc à utiliser l’ensemble des résultats de façon homogène, reste à introduire correctement la différence de niveau d’épreuves. - Comment mesurer le niveau de difficulté de l’épreuve ?
- Plusieurs tentatives ont été réalisées à partir du critère de la vitesse :
- vitesse seule sans correction pour l’épreuve. Un cheval qui courre une épreuve à 15km/h est meilleur que celui qui courre une autre épreuve à 14km/h, quelque soit l’épreuve.
- vitesse corrigée pour la vitesse moyenne de l’épreuve : c’est l’écart à la vitesse moyenne de l’épreuve qui est pris en compte. Un cheval qui courre une épreuve à 1km/h de plus que la moyenne des concurrent classés sera meilleur que celui qui a couru à +0.5 km/h une autre épreuve, même si l’épreuve du premier cheval était moins rapide.
- vitesse corrigée pour la moyenne des vitesses du tiers meilleur de chaque épreuve. Même chose que précédemment mais c’est le tiers meilleur qui fait référence
- vitesse corrigée pour la vitesse moyenne de l’épreuve et la qualité des chevaux. En utilisant un modèle statistique du type : vitesse=épreuve + effet du cheval + autre effets + résiduelle, le niveau de l’épreuve est estimé par la vitesse moyenne moins les écarts aux vitesses moyennes de toutes les épreuves courues par tous les chevaux de l’épreuve considérée. On tient ainsi compte de la qualité des chevaux de l’épreuve en plus de la vitesse moyenne.
- vitesse incrémentée d’une valeur arbitraire fixe dépendant du nombre d’étoiles. Cette valeur arbitraire a été fixée à partir des pourcentages de départs dans chaque catégorie. Si on considère qu’il y a une hiérarchie entre stricte entre les *, **, ***, on a les * qui correspondent aux performances les 63% plus mauvaises, les * aux 28% intermédiaires et les *** aux 9% les meilleurs d’après le nombre de sorties dans chaque catégorie. Selon un découpage d’une loi normale, cela veut dire que normalement la moyenne de performances réalisées en * est à -1.0 écart type, les ** à 0.8 écart type et les *** à 1.8 écart types. Ce sont ces valeurs qui ont été rajoutés aux vitesses dans chaque catégorie, après multiplication par l’écart type des vitesses.
- Les résultats des héritabilités et répétabilité sont dans le tableau suivant.
Héritabilités (h2), répétabilités (r) et écart type de la performance utilisée (p) pour les différentes stratégies de prise en compte du niveau de l’épreuve dans l’étude de la vitesse (voir texte) | r | h2 | p | Vitesse | 0.28 | 0.16 | 1.78 | Vitesse /moyenne | 0.37 | 0.18 | 1.32 | Vitesse / tiers | 0.33 | 0.15 | 1.43 | Vitesse /chevaux | 0.45 | 0.25 | 1.38 | Vitesse + valeur *,**,*** | 0.36 | 0.13 | 2.09 | Il n’y a pas de doutes à avoir, la meilleure façon d’utiliser la vitesse en tenant compte du niveau réel de difficulté de l’épreuve est d’utiliser un modèle dit mixte avec effet de l’épreuve et effet du cheval conjugué. Ce modèle a pour conséquence de considérer la vitesse du cheval dans une épreuve comme un écart à la vitesse moyenne de l’épreuve et en y ajoutant les écarts moyens réalisés dans les autres épreuves des chevaux ayant participé à cette épreuve. Cette correction est bien supérieure à la correction de base de la vitesse moyenne car elle inclut la qualité des chevaux de l’épreuve. Elle est aussi supérieure au choix arbitraire.En fait, si ce modèle (vitesse =épreuve+cheval) marche si bien, en dehors du principe même qui est logique, c’est aussi que la vitesse à une distribution très « normale » et que l’on tient compte implicitement du nombre de partant par la relation entre variance de la vitesse dans l’épreuve et nombre de partants. Une distribution normale Le fait que la distribution est très « normale » induit qu’utiliser le 1/3 meilleur pour comparer les vitesses n’apporte pas d’information par rapport à la moyenne. Il n’y a pas de « queues de peloton » tous groupés ensemble mais bien l’expression naturelle de la variabilité existante. Distribution de la vitesse absolue e relative à la moyenne de l’épreuve D’un point de vue de la variabilité des performances, on perd 45% de la variabilité en introduisant la moyenne de l’épreuve, 45% n’étaient que des différences entre épreuves pas entre chevaux mais on en regagne 9% par les différences entre chevaux. Une variabilité intra épreuve qui dépend en partie du nombre de partant Une des différences notables entre les épreuves * et supérieures est le nombre de partant. Mais en fait la variabilité intra épreuve est assez liée à ce nombre de partants (r=0.43), selon une courbe plutôt logarithmique (ça finit par plafonner). En introduisant la vitesse et les écarts à la moyenne de chaque cheval, on tient naturellement compte du contexte différent entre les petites et les grosses épreuves. Le « vrai » niveau moyen des *, **, *** Il est estimé par le modèle en distinguant la catégorie au sein de l’épreuve. En km/h on a 1.16km/h d’écart entre * et **, 0.5km/h d’écart entre ** et ***. Si on standardise par rapport à l’écart type résiduel du modèle et qu’on fixe cet écart type à 20 points, cela fait 17 points entre * et **, 7 points entre ** et ***. Cet écart n’est estimé que par les écarts de qualité entre chevaux participants aux différentes catégories. - Vitesse et taux d’ELIMINATION (ou abandon)
- Il y a deux types de caractère : être bien classé dans une épreuve (aller vite) et ne pas être éliminé. Parmi les codes d’élimination on a 30% d’abandon et d’élimination (cause inconnue), pour moitié chacun. Parmi ceux qui sont précisés, on a 2/3 de boiterie, 1/3 de métabolisme (1% de cardiologie). Comme il était difficile d’affecter les 30% indéterminés, dans un premier temps, nous n’avons analysé que le fait d’être classé ou non, quelque soit la cause de ce « non classement ». Nous avons donc analysé le fait d’être classé ou non en tenant compte de l’effet de l’épreuve de la même manière que pour la vitesse. Cela veut dire que le 0/1 (non classé/classé) est comparé au taux de classés dans l’épreuve et au taux de classement des concurrents de cette épreuve dans les autres épreuves qu’ils ont courues. Ce caractère est traité en tenant compte de sa distribution binaire particulière (0/1).
L’héritabilité du caractère classé/non classé est alors de 0.23, la répétabilité 0.27, la corrélation génétique avec la vitesse 0.78. La corrélation phénotypique est de 0.08, ce qui veut dire que le cheval qui va vite n’est pas forcément celui qui n’a pas d’élimination (ou abandon). C’est apparemment indépendant. Mais ces deux caractères demeurent proches génétiquement parlant, même si ce n’est pas exactement le même caractère. On est un peu dans la même situation qu’en CSO pour les performances à 4 ans et à l’âge adulte. Cela veut donc dire qu’en sélectionnant pour l’un (produire des chevaux qui vont vite) on sélectionne automatiquement pour l’autre (produire des chevaux qui ne sont pas éliminés). On voit aussi que le fait d’être éliminé est un caractère peu répétable au regard de son héritabilité (écart de 0.04): il ne semble pas possible d’influencer de manière constante ce caractère alors que l’entraînement, l’environnement stable permet d’améliorer (ou détériorer) durablement la vitesse. L’avantage de ce critère est qu’en plus d’illustrer différemment la performance du cheval, il est mesurable sur tous les chevaux sortis, ce qui nous permet de récupérer 25% des partants. - Nous avons analysé le nombre de départs réalisés sur la période des 3 années, en tenant compte bien sur de l’année d’entrée en compétition (le cheval qui a démarré en 2004 a peu de chances d’avoir autant de sortis que celui qui a commencé en 2002) mais l’héritabilité est nulle. Pour quantifier correctement la longévité du cheval en endurance, il faudra sans doute attendre plus d’année et utiliser des modèles plus adaptés, spécifiques de ce type de caractères.
Bien que disposant de la vitesse, ce qui nous donne une mesure physique du classement des chevaux et des écarts de performances dans ce classement, nous avons cherché à analyser directement ce caractère qui a l’avantage de bien tenir compte de l’effet nombre de partants dans l’épreuve. Effectivement, ce caractère donne une équivalence de performance différente quand on est premier sur 10 ou premier sur 50. Le tableau suivant donne les paramètres génétiques obtenus Héritabilités (h2), répétabilités (r) des critères liés au rang du cheval dans l’épreuve | r | h2 | Classement dans l’épreuve avec les non classés considérés ex-aequo derniers | 0.14 | 0.10 | Classement dans l’épreuve que pour les classés | 0.37 | 0.16 | Classement dans l’épreuve que pour les classés avec effet niveau des chevaux de l’épreuve | 0.44 | 0.19 | On ne trouve donc pas de meilleur critère que la vitesse. Autant conserver cette dernière.En général, on imagine aussi différents critères basés sur le maximum atteint ou la somme des performances mais dans notre cas, avec en moyenne 2 sorties, ce type d’imagination est inutile. - Effet de l’âge, du sexe, de la circonscription de naissance
- Comme pour tout indice, nous avons bien sur corrigé pour les différences de performances dues à l’âge au sexe et au lieu de naissance. Le mois de naissance n’est pas significatif.
Effet de l’âge L’effet de l’âge présente une courbe en cloche traditionnelle pour le vitesse : il existe un optimum entre un cheval trop jeune ou trop âgé, optimum qui se situe entre 9 et 12 ans. Les chevaux de 6 à 8 ans sont handicapés de plus de 5 points d’indice (soit ¼ d’écart type). Par contre, l’effet n’est pas le même sur la probabilité d’être éliminé. Les Jeunes chevaux sont moins éliminés que les chevaux âges, notamment à partir de 12 ans. Effet du sexe L’effet est défavorable aux mâles, encore plus sur la probabilité d’élimination que sur la vitesse. Les femelles vont un peu moins vite que les hongres (-1.6 points) mais ne sont pas plus éliminés qu’eux. Pour l’effet de la circonscription de naissance, il s’agit principalement de cas isolés de circonscription peu représentée mais très en dessous des régions plus fréquentes (plus de 6 points en moins par rapport à Rodez, la référence, pour la vitesse pour Pau, Rosières, Montier en der et St lo qui ne totalisent que 151 chevaux soit 7%). Parmi les régions les plus représentées, la hiérarchie est, du meilleur au moins bon, : Uzes, Annecy, Rodez, Lamballe avec pour seul écart significatif celui entre Uzes et Lamballe (3.6 points). Le premier facteur génétique est la race. 47% des chevaux sont des Arabes, 17% sont des CS, 11% des OI. Il y a ensuite 8% d’AA, 6% de SF et Poneys, 2% de Barbes et autres races. Le seul effet significatif est la moindre qualité des OI (-7 points pour un écart type de la performance de 20). Le CS est à la limite de la signification avec –2 points. En fait, quelque soit la race considérée, 85% des pères sont Arabes (y compris Shagya), c’est donc bien une analyse de l’Arabe que nous faisons. (6% sont AA, 3% SF) Indices génétiques Compte tenu des héritabilités, il n’y a pas d’obstacle à la réalisation d’un indice génétique, la seule contrainte va être le nombre de reproducteurs avec des performances ou des produits en nombre suffisant. Si on ne tient compte que des performances propres et des produits, voici quelques repaires de CD. Pour obtenir un CD pour la vitesse de 0.40 il faut 3 classements propres ou 7 produits avec 2 classements (10 avec 1). Pour obtenir un CD pour la vitesse de 0.50 il faut 10 classements propres ou 11 produits avec 2 classements (15 avec 1). Pour obtenir un CD pour la vitesse de 0.60 il faut obligatoirement des produits : 16 produits avec 2 classements (22 avec 1). En réalité on utilise bien sur toutes les relations de parenté. Sur les 3 années mesurées, 16 chevaux (que des étalons) ont un CD sur la vitesse >=0.60, 117 ont un CD>=0.50 parmi lesquels 73 sont des performers (dont 6 poulinières et 2 étalons) et les 44 autres sont des étalons dont 3 n’ont pas de produits directs dans le fichier (mais des petits produits…) On donne la liste des 16 étalons avec leur 2 indices : vitesse et taux d’élimination. - Conclusion : quel indice ?
- Il reste donc à faire des choix pratique en vue d’une indexation.
Quid de la qualité du fichier de données, de l’enregistrement des résultats à l’étranger ? On peut proposer un indice basé sur les 2 caractères : vitesse et taux d’élimination, dont la pondération reste à déterminer en fonction de l’objectif de production. On peut aussi présenter les 2 indices simultanément (la pondération ou le choix de seuils minimaux pour chaque indice n’est indispensable que quand il faut sélectionner, choisir le reproducteur) On peut proposer un indice annuel, tout en rappelant qu’on juge alors le cheval sur peu de sorties mais qu’étant donné la forte répétabilité entre sorties, cela demeure raisonnable. Il est bien sur préférable d’avoir un indice évolutif qui pondère chaque nouvelle sortie mais c’est beaucoup moins pratique sur le plan réglementaire. Faut il une présentation en km/h et probabilité d’être éliminé ou une présentation en points traditionnels 100/120 ? La même chose peut être fait pour des indices génétiques. Reste à analyser les données avant 2002 (fichier des ** et *** disponible, pas encore celui des *), analyser les épreuves en dessous de 90km (à partir de 2004), calculer les corrélations avec les épreuves jeunes chevaux. Deuxième partie : Etude des Jeunes épreuve Jeunes chevaux - Pour les jeunes chevaux, l’année civile a été retenue comme base de référence afin d’affecter la bonne finale à la bonne saison du cheval (finale qui a lieu après la période habituelle en Octobre de troncature des indices)
Sur ces 3 années nous avons 1758 chevaux qui ont participés à des épreuves de jeunes chevaux d’Endurance. En 2002 ils étaient 720, 724 en 2003 et 859 en 2004, soit + 19% cette dernière année. 522 chevaux ont participés à des épreuves de 4 ans, on est passé de 153 à 200 en 2004. A 5 ans, on compte 864 chevaux, soit 259 en 2002 à 331 en 2004 et à 6 ans on a 916 chevaux soit 306 à 327 en 2004. L’augmentation concerne donc principalement les épreuves de 4 et 5 ans. (on compte quelques chevaux mal dans des épreuves qui ne correspondent pas à leur âge) 19% des chevaux âgés de 6 ans ne participent pas au circuit JC mais directement au circuit 90km et +, 18% participent aux 2, donc finalement 63% participent une même année exclusivement au JC. A 5ans, seuls 2 chevaux ont participés au circuit 90km et + (si ce n’est pas une erreur d’identification) L’attrait du circuit peut se mesurer par la persistance d’un cheval à faire de l’endurance. 64% des chevaux en JC4 participent à des épreuves de JC5. 65% des 5 ans sont des nouveaux venus. 61% des 5 ans continuent à 6 ans, 47% des 6 ans sont des nouveaux venus (2% avaient participés à des 4 ans). Sur la seule génération disponible pour cette statistique, les naissances 1998, 70 chevaux ont participés aux 4, 5 et 6 ans, soit 15% des chevaux de cette génération qui ont participé au circuit JC. Les 4 ans font en moyenne 2.1 sortis, les 5 ans 2.4 et les 6 ans 2.5. Le taux de sélection pour les finales est de 21% à 4 ans par rapport à l’ensemble des chevaux sortis, 32% à 5 ans, 36% à 6 ans. A 4 ans, les 20 km représente 81% des départs hors finale, à 5 ans, les 40km (L et R) représente 60% des départs hors finale et à 6 ans les 60 km (L et R) représentent 50% des départs. Il y a donc un élargissement des possibilités offertes et pas seulement une sélection. A 4 ans les épreuves locales de 20 km sont un passage obligé avant un progression vers les 40 km (régionale et finale). A 5 ans le profil devient autre. Les chevaux de la finale ne sont plus que 65% à avoir participé à des 20 km mais ils sont 80% à avoir fait une locale de 40 km. Le passage par l’épreuve régionale n’est pas obligatoire : seul 49% des finalistes y ont participés et seuls la moitié des participants aux régionales vont à la finale. A 6 ans, plusieurs niveaux se dessinent. Les finalistes ne participent plus aux petites épreuves (22% ont participés aux L20). Et les chevaux qui participent aux 20km ont peu de chance de devenir finalistes (22% aussi). En revanche, 78% des finalistes ont participé à des locales de 60 km et la moitié des participant de ces locales se retrouvent à la finale alors que les chances de devenir finalistes pour un cheval ayant participé à une locale de 40 km ne sont que de 35%. La aussi, le passage par le régionale n’est pas obligé : seule 43% des finalistes le font. Les épreuves courues par les jeunes chevaux rassemblent très peu de partants : en moyenne, en dehors des épreuves régionales et finales, on a 4.7 4.9 3.8 partants par épreuve à 4, 5 et 6 ans. Elles n’en représentent pas moins de 73% des résultats disponibles. Les épreuves régionales ont en moyenne 9.1, 13.3 13.8 partants. Seules les finales rassemblent beaucoup de partants : en moyenne 37, 92 et 83 chevaux de 4 à 6 ans. Il sera donc d’autant plus difficile d’interpréter le résultat de toutes ces épreuves avec peu de partants. - A la recherche d’un critère
- Ces épreuves sont des épreuves à vitesse imposée, la vitesse ne peut donc constituer à elle seule un critère. Les points calculés par la formule combinant vitesse et fréquence cardiaque ne sont pas enregistrés dans 41% des cas, 28% des épreuves, rendant leur utilisation impossible actuellement. Reste le fait d’être classé ou non. Mais le taux de classés, en dehors de la finale est de 95% à 4 ans, varie de 89% à 95% à 5 ans selon la catégorie d’épreuve et de 87% à 97% à 6 ans. En bref, tout cheval partant est gagnant ! Il est inutile de chercher des différences de qualité entre chevaux sur ce critère.
Tout ce qu’on peut donc proposer, en l’état actuel des choses, et notamment en l’absence d’enregistrement de la fréquence cardiaque, c’est de se référer au classement de la finale mais alors ça ne concerne qu’en moyenne sur ces 3 années 37 chevaux de 4 ans, et une centaine de chevaux de 5 et 6 ans et il est impossible de calculer une héritabilité ou de construire un indice plus précis que ce classement. La dernière solution est de faire un critère simple qui ne fait qu’enregistrer la participation du cheval à des épreuves de difficulté croissante (20/40/60 km). Le seul critère testé sera donc le niveau maximal atteint par le cheval dans son année de 5 ans d’une part et 6 ans d’autre part (niveau dans lequel il est classé). La hiérarchie entre les épreuves est donnée par la distance et intra distance les finales sont supérieures aux régionales qui sont supérieures aux locales. Les points vont de 0 à 5 par pas de 1 entre chaque niveau. La distribution de ce critère est la suivante : Il y a donc 1781 chevaux inclus dans l’analyse, 326 qui ont une performance à 5 et 6 ans, L539 que à 5 ans, 590 que à 6 ans. L’héritabilité estimée est de 0.22, la corrélation phénotypique entre les 2 années 0.39. Il semblerait donc bien qu’il y est déjà à cet âge quelque chose de génétique dans la performance en endurance mais il faut bien sur se méfier de tel critères qui donnent une prime quasiment au simple fait de sortir, choix qui peut aussi être fait a priori en fonction des origines du cheval. - Corrélation épreuves JC / 90km et +
- Pour calculer une telle corrélation, il faut bien sur suffisamment de ponts entre les 2 types d’épreuves, c’est à dire de chevaux qui ont participé aux 2. Une même année, c’est difficile, réservé exclusivement aux 6 ans et seuls 22% des 6 ans des épreuves JC le font. Il faut donc du recul. Sur notre fichier qui couvre 3 ans, nous avons maintenant 496 chevaux qui font le lien (28% des chevaux sortis en JC). Cela commence donc à être suffisant pour estimer ces corrélations. Nous n’avons pu faute de temps réaliser ce travail qui n’avait pas été réalisé par M. Touvais sur les 2 années dont elle disposait faute de recul. C’est donc évidemment à faire mais certainement plutôt quand un critère valable sera en place.
- Conclusion Jeunes Chevaux
- Même si nous avons trouvé un critère héritable à 5 et 6 ans (le niveau max atteint), je pense qu’il faut demeurer prudent pour une indexation des jeunes chevaux. Un vrai critère qui mettrait en évidence des différences de performances entre chevaux sur une même épreuve demeure préférable pour valider l’héritabilité observée. Sur une épreuve à vitesse imposée, ce critère devrait sans doute utiliser les observations de fréquence cardiaque. Les points calculés à partir de la vitesse et de la fréquence cardiaque sont enregistrés dans 60% des cas. Un petit effort permettrait d’avoir d’une part le détail (vitesse et FC) et cela sur toutes les épreuves. Il resterait alors à valider un autre critère et à mesurer les corrélations avec les épreuves pour chevaux adultes.
Indices des 16 étalons dont le CD pour la vitesse est >=0.60 | | Indice Vitesse | Indice Taux de non élimination | Nombre de produits directs | Nais. | Nom | en km/h | Stand. | C D | Stand. | CD | Utiles | Avec vitesse | Avec sortie | 1969 | PERSIK (SU) | 1.2 | 17 | 0.8 2 | 23 | 0.70 | 82 | 44 | 48 | 1984 | TAUQUI EL MASAN | 0.2 | 3 | 0.7 2 | 8 | 0.60 | 36 | 32 | 36 | 1984 | DJELFOR | 0.5 | 7 | 0.7 2 | 8 | 0.58 | 35 | 29 | 29 | 1971 | FAWZAN (EG) | 0.7 | 10 | 0.7 1 | 14 | 0.60 | 72 | 9 | 10 | 1980 | OUT LAW PERSIK | 1.0 | 14 | 0.6 9 | 21 | 0.55 | 24 | 23 | 23 | 1983 | BOSPHORE | 0.4 | 6 | 0.6 8 | -2 | 0.58 | 36 | 25 | 29 | 1984 | DORMANE | 0.9 | 12 | 0.6 8 | 6 | 0.54 | 32 | 24 | 28 | 1983 | ARZEW (NL) | 1.0 | 15 | 0.6 7 | 20 | 0.55 | 26 | 19 | 21 | 1975 | MASAN (DE) | 0.0 | -1 | 0.6 7 | 6 | 0.56 | 53 | 5 | 6 | 1975 | AZUR | -0.1 | -1 | 0.6 6 | 2 | 0.55 | 27 | 21 | 25 | 1983 | PIRUET (PL) | 0.2 | 3 | 0.6 3 | 7 | 0.52 | 29 | 20 | 21 | 1988 | NICO DE SYRAH | 0.1 | 2 | 0.6 1 | 10 | 0.48 | 22 | 19 | 22 | 1986 | ARQUES PERSPEX | 1.0 | 15 | 0.6 1 | 17 | 0.49 | 18 | 17 | 18 | 1979 | TIDJANI | 0.6 | 8 | 0.6 1 | -1 | 0.50 | 29 | 17 | 24 | 1985 | OUMZIL TOBIHA | 0.7 | 10 | 0.6 1 | 3 | 0.50 | 22 | 15 | 20 | 1978 | NICHEM (DE) | 0.4 | 6 | 0.6 0 | 8 | 0.46 | 31 | 11 | 15 |
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