| Intervention de M. Léo LISENZ, cavalier international Elevage de pur sang arabes en Argentine Mode d’élevage L’approche du cheval est radicalement différente de l’approche que l’on en a en Europe. La culture argentine, et notamment gaucho, est intimement liée à la culture équestre. L’Argentine est le 6ème producteur mondial de pur sang arabes. L’élevage est pratiqué au sein de très grands haras, dénombrant souvent plus de 100 chevaux, sur d’immenses surfaces plates replantées une fois tous les 3 à 4 ans, dans la Pampa (région situé au Sud et à l’Ouest de Buenos Aires, d’une surface grande comme 1,5 fois la France). L’élevage de chevaux est souvent associé à l’élevage du bétail, les chevaux étant produit plus pour l’agrément que pour le business (toutefois, depuis peu la tendance s’inverse, dans la mesure où les Emirats Arabes s’intéressent de près à cette production). Les chevaux sont souvent grands, bien faits, avec de l’os et de l’épaule. Au sein d’un même haras, on cherche à harmoniser la production : à l’aide d’une sélection sur la jumenterie et sur le choix des étalons, on cherche à obtenir une « marque de fabrication maison », en tentant de produire des poulains du même type (robe, gabarit, style, lignes…). Les géniteurs sont issus d’arabes argentins locaux (qu’on retrouve systématiquement dans tous les haras), couplés ensuite avec diverses origines (polonaises, russes, égyptiennes…). Il n’y a pas de recherche de « pureté » des origines, le but étant de « marier » au mieux les individus pour obtenir le produit recherché. Chevaux argentins et endurance Les chevaux sont travaillés dès le plus jeune âge avec une martingale courte (le cheval lève exagérément la tête et creuse le rein : il travaille à l’envers) et un mors sévère le privant de toute initiative. Ce type de travail est peu compatible avec les exigences de l’endurance : pour être porteur, le cheval doit travailler en équilibre en montant le dos, et la relation cavalier/cheval doit reposer sur la confiance (le cavalier doit savoir laisser à son cheval une part d’initiative, notamment dans la gestion de l’effort ou dans l’abord d’une difficulté). Ces chevaux sont mis très jeunes au débourrage puis à la course. Ils n’ont pas le temps d’achever leur croissance, ce qui génère un grand nombre de tares tendineuses et de nombreux problèmes articulaires. Ils ne sont pas forcément brillants en endurance : ils sont élevés sur des terrains plats avec un horizon à perte de vue. Les courses argentines se déroulent sur des terrains sans relief, à des allures extrêmement rapides. Les chevaux ne sont pas habitués aux dénivelées (même infimes), ni à porter leur regard sur un horizon clos ou au sol. Ils ne sont, de ce fait, pas habitués à travailler en équilibre (ils ne savent pas gravir ou descendre des pentes), ce qui peut engendrer des problèmes ostéo-tendineux. De même, le système cardio-vasculaire n’est pas habitué aux réponses physiologiques induites par le surcroît d’effort demandé lors d’une montée, d’une descente, ou d’un galop en faux-plat… |